Couvent du Père Eternel, puis Maison de la Charité de Saint-Louis, et clinique Saint-Louis, 18 place Théodore Decker ; rue Madame Molé ; avenue du maréchal de Lattre de Tassigny
18 Place Théodore Decker, 56000 Vannes
Créée par Homemories le 4 octobre 2026
HistoriqueBretagne
Lieu étudié par l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne (inventaire topographique ville de Vannes (secteur sauvegardé)).
Créé à la fin du 17e siècle par Jeanne de Quélen, le couvent a connu de nombreux changements à la fin du 19e siècle, correspondant probablement à une phase de développement importante de l´ordre de la Charité de Saint-Louis dont c´est la maison-mère.Donnant sur le port, il occupe le nord d´une parcelle cernée par la place Decker, la rue Molé et l´avenue de Lattre, le sud de l´enclos étant réservé aux activités agricoles et au cimetière des soeurs. Il se compose d´un corps sur la place, remanié à la fin du 19e siècle, lié à la chapelle et au corps du 17e siècle s´étirant le long de la rue Mme Molé à l´ouest, sur lequel se greffe un pavillon et une aile en retour antérieurs à 1888. Le long de la rue de Lattre, en retour du corps principal sur la place Decker s´élève une aile contemporaine occupée en 1888 par les 'pensionnaires' prolongé vers le sud après la première Guerre mondiale lors de la transformation de cette partie de l´édifice en clinique. La grande chapelle érigée à la fin du 19e siècle se situe au centre de l´espace du couvent : reliée au premier bâtiment, elle tourne son choeur vers le sud. Les traces de la grande maison acquise en 1668-1669 par Jeanne de Quélen pour y fonder une Retraite des Femmes, plus tard transformé en ordre s´affiliant au Tiers-ordre des Carmes, sont encore visible à l´intérieur du bâtiment donnant sur la place Decker. A travers les travaux envisagés dans le procès-verbal de 1670 se lit la structure de cette maison : de plan allongé avec façades sur gouttereaux au nord et au sud, elle comporte deux salles basses au rez-de-chaussée dont on doit refaire les cheminées : ces cheminées qui existent encore (fig 35 et 36) ont conservé leurs piédroits largement chanfreinés du 16e siècle, mais la hotte a été refaite ; entre les deux, subsiste également les piédroits d´une cheminée disparue. Le sol de la salle vers le port était de chesne, changé en 1670 (aujourd´huiplacé). La salle basse à l´ouest servait de cuisine et était dallé de pierre de cailloux : les charpentiers proposèrent de remplacer la pierre par un plancher, ce qui ne semble pas avoir été réalisé, le sol étant aujourd´hui dale granite. Entre les deux salles basses, une « gallerye » conduisait à l´escalier en vis en bois en mauvais état : on suggéra de le reconstruire sur place ou ailleurs, avec deux noyaux : il ne semble pas avoir été déplacé, l´escalier actuel en vis refait au 19e siècle se trouvant dans une tourelle en hors-oeuvre, où pouvait se situer le pigeonnier au-dessus de l´escalier mentionné dans le texte. Les salles basses et la galerie étaient séparées par des cloisons de terrasse : il fut proposé de créer un mur de refends en pierre avec portes de communication en pierre de taille. A l´étage, les cheminées (dont on ne sait si elles existent encore) durent également subir des travaux. La chambre haute vers la mer était éclairée par deux fenêtres : l´une donnant sur le port est conservée. De la seconde chambre n´est mentionnée que la cheminée. Un couloir menait à l´escalier. Au grenier, il y avait une cheminée au pignon donnant vers la merDerrière le bâtiment se trouvait une gallerie sur piliers de bois, bâtie en bois et en torchis qui servait de lieux communs de la maison : peut-être est-ce celle qui figure sur le plan cadastral de 1844 : elle disparut lors de la refonte du bâtiment à la fin du 19e siècle et peut-être sous la chapelle.De la seconde maison, vers l´ouest, il paraît difficile de retrouver les espaces : la seconde cheminée intacte lui appartenait-elle ? L´escalier semblable à l´autre se trouvait dans une tourelle (les couvreurs parlent de tourillon) : est-ce celui qui subsiste ? Ou bien cette maison fut-elle détruite lors de la construction du grand corps de bâtiment vers l´ouest et de la chapelle ?L´aile en retour vers le sud accolée à la chapelle et desservie par la tourelle d´escalier comporte à l´étage la chambre de Mme Molé.La chapelle dont l´entrée donnait vers le nord sur la place fut construite probablement vers 1670 et l´on peut penser que comme le grand bâtiment conventuel contigu, elle fut l´oeuvre de Cosnier. Elle faisait suite aux maisons acquises par Jeanne de Quélen. Elle se compose d´un seul vaisseau, avec porte au nord surmontée d´une grande baie en plein cintre. Aujourd´hui coupée en deux, elle a conservé apparente dans la pièce haute sa charpente d´époque. Au niveau du choeur vers l´ouest s´ouvre l´aile des religieuses : elle occupe une partie du nord du rez-de-chaussée du grand corps de logis, le reste étant occupé par une salle, les deux donnant sur la galerie du cloître ouverte de sept grandes arcades en plein cintre. Les autres côtés du cloître ne semblent pas avoir été réalisés, quoique leur forme carrée soit dessinée sans bâtiments sur le plan d´embellissement de Maury de 1788. Les deux étages du bâtiment à sept travées étaient réservés aux cellules des soeurs. Ils étaient desservis aux extrémités par deux escaliers. Celui de l´est à retours avec jour sur quatre noyaux en bois à rampe à balustres a été conservé (fig 38). Ce bâtiment semble correspondre à la description des lieux faites en 1703 par Charles Charrier, recteur de Pluvigner, lors de son enquête sur la transformation du lieu en monastère 'au rez-de-chaussée se trouve la cuisine, le réfectoire, la salle commune, le choeur de religieuses ; au 1er étage, sept cellules auxquelles donne accès une corridor reliant deux grandes chambres à chaque extrémité'. Il n'est pas fait ici mention du second étage peut-être édifié au cours du 18e siècle.L´arrivée de Mme Molé au Père Eternel en 1802 n´a semble-t-il provoqué aucune modification des constructions. Elle habitait une chambre dans l´aile en retour sans doute du 17e siècle, entièrement lambrissée et conservée, la chambre basse est étant occupée par sa mère, Mme de Lamoignon. La construction de nouveaux bâtiments intervint plus tard dans le siècle, avec le développement de l´ordre. La première construction qui peut être datée des années 1870, complète à l´ouest le bâtiment conventuel du 17e siècle : il s´agit d´un bâtiment de plan massé de trois travées par cinq, enduit ; à deux étages, couvert d´un toit à croupes perpendiculaire à celui du bâtiment précédent. Sa façade ouest a été en partie masquée par une adjonction moderne vitrée vers 2004.La campagne suivante et la plus importante, dont on ne connaît pas encore la date exacte, est probablement réalisée en 1877 selon la date attribuée à la chapelle par le Méné. Elle concerne la chapelle, le doublement, la surélévation des maisons de Jeanne de Quelen, les ailes est (reconstruite) et ouest et la maison du chapelain, l´ensemble relevant du style néo-gothique rayonnant et sans doute entièrement due à Marius Charier.Edifiée sur une plan en croix latine avec choeur polygonal, la chapelle est à vaisseau unique. Ses ouvertures dont deux roses rayonnantes éclairant les bras de transept, sont en calcaire, se détachant sur un mur enduit. Les autres bâtiments sont enduits avec ouvertures en granite. L´aile ouest est la plus monumentale : à deux étages et ordonnancée, elle développe côté ouest 14 travées, dont le centre à deux travées est marqué par un avant-corps à pignon. Elle a été augmentée plus tard de deux travées vers le sud.Le corps d´entrée dont la façade principale est orientée au nord vers la place et la ville recèle les vestiges des deux demi-maisons acquises par la fondatrice du couvent : la moitié nord du bâtiment date de la fin du 19e siècle, tandis que la partie sud montre une première pièce jouxtant la chapelle dans laquelle sont conservées au sud, les vestiges d´une porte et d´une fenêtre du 16e siècle (?) donnant autrefois sur la place et sur le mur sud, une cheminée contemporaine à piédroits largement chanfreinés, consoles moulurées en doucine et linteau de bois (sans doute remplacé). Le sol est dallé de granite. A droite de la cheminée, une porte donnant sur un escalier ancien et sur le couloir du cloître. En prolongement, un couloir sépare cette pièce sans contours d´origine, de la chambre basse occupée au 19e siècle par Mme de Lamoignon. Dotée d´une fenêtre vers le port et d´une porte transformée en fenêtre, elle possède une cheminée ancienne adossée au mur nord. Son sol est moderne, remplaçant probablement le sol en plancher mentionné dans l´acte de 1670.Si la façade est de ce bâtiment conserve une fenêtre à l´étage datant du 17e siècle, l´aile en prolongement date pour le reste entièrement du 20e siècle, en raison de la modification de l´alignement de la rue sur le port. L´aile 'des pensionnaires' du plan de 1888 a semble-t-il été reconstruite ou modifiée pour la clinique qui occupe 12 travées, la dernière avec un oriel à deux étages. La maison de chapelain, de type ternaire, autrefois indépendante a sa façade orientée à l´est vers le port. Etage et comble sont desservis par un escalier hors-oeuvre situé dans une tourelle postérieure.
Source : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne, dossier IA56006138 (patrimoine.bzh), sous Licence Ouverte.
Dossier de l'Inventaire du patrimoine culturel de BretagneArchives2008
Dossier de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne
Archives · 2008Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne, dossier IA56006138
Edifié sur une parcelle d'angle, le couvent se développe autour de trois cours selon un plan complexe qui révèle son hétérogénéité. Au sud du couvent, l'enclos abrite à l'ouest, la chapelle funéraire et à proximité la fontaine, au sud, des bâtiments agricoles et tout au sud, le cimetière des religieuses.
Intervenants : Quelen de Jeanne (commanditaire), Molé de Champlatreux Marie-Louise-Elisabeth (propriétaire), Charier Marius (architecte), Cosnier François (architecte)
Datation : 17e siècle, limite 17e siècle 18e siècle, 4e quart 19e siècle
Matériaux du gros œuvre : granite
Couverture : ardoise
Statut juridique : propriété d'une association cultuelle
Plan : IGN · cartes.gouv.fr
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