Maison de marchand dite maison Saint-Pierre, 14 rue La Chalotais
14 Rue de la Chalotais, 22220 Tréguier
Créée par Homemories le 4 octobre 2026
HistoriqueBretagne
Lieu étudié par l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne (inventaire topographique ; enquête thématique régionale Inventaire du patrimoine de Lannion-Trégor Communauté ; Inventaire de l'architecture urbaine en pan de bois en Bretagne).
Unique en son genre à Tréguier, la maison Saint-Pierre est réalisée sur le modèle des maisons à pondalez, commanditées par la noblesse commerçante entre le 4e quart du 15e siècle et le début du 17e siècle, principalement à Morlaix, mais aussi dans d'autres villes portuaires, comme Dinan et Landerneau. Lié au commerce de la toile, sa présence à Tréguier témoigne de l'importance de l'activité toilière et du commerce international aux 15e et 16e siècles. Ce modèle d'habitat urbain, particulièrement original, répond à la volonté de se démarquer des autres marchands. Il met en oeuvre des techniques de constructions élaborées, notamment celles de la charpenterie. Protégé au titre des monuments historiques, cet édifice dispose d'une notice sur le portail Mérimée du Ministère de la culture, notice accessible par le lien en bas de page.
Source : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne, dossier IA22132865 (patrimoine.bzh), sous Licence Ouverte.
Dossier de l'Inventaire du patrimoine culturel de BretagneArchives2018
Dossier de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne
Archives · 2018Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne, dossier IA22132865
Maison de marchand construite sur une parcelle étroite et profonde, à deux étages carrés et étage de comble. Le plan irrégulier s'évase vers l'arrière : les pièces sur cour sont donc un peu plus larges que les pièces sur rue. Seule la façade sur rue est en pan de bois, à encorbellements sur poutres. Elle est formée de poteaux, de sablières et de contreventement en croix de saint André. Aux étages, les baies sont disposées en bandeau continu selon une composition horizontale issue de l'atelier de Guingamp. Le rez-de-chaussée à poteaux de bois possède une entrée latérale ouvrant autrefois sur un couloir permettant un accès indépendant à l'escalier et aux étages depuis l'extérieur. Les murs latéraux en maçonnerie assurent une fonction de coupe-feu avec les maisons mitoyennes. La façade sur cour est en pierre, remontée ultérieurement avec les chainages des baies d'origine. Le plan tripartite comprend une partie avant donnant sur la rue, séparée d'une partie arrière sur cour par un hall central de treize mètres de haut, à usage d'accueil et de réception pour les acheteurs étrangers. Un escalier en vis est situé dans l'angle du hall pour desservir toutes les pièces de devant. Autrefois, à chaque palier d'arrivée, une galerie en bois donnait accès aux pièces de derrière correspondantes. Ces trois galeries superposées par étage formaient les ponts d'allée ou pondalez surplombant le hall. L'escalier comprend un poteau de jonction de 10 mètres de haut qui permettait de relier la vis aux galeries grâce à des volées secondaires. Ce poteau fait l'objet d'un programme iconographique religieux issu de trois artisans : au niveau supérieur saint Martin, au premier étage saint Georges et au rez-de-chaussée saint Pierre d'une qualité supérieure aux deux autres.Tout le rez-de-chaussée est en communication formant une immense pièce, la boutique donnant sur la rue ne formant qu'une seule "grande boutique" avec le hall central. Celui-ci est chauffé par une cheminée monumentale (aujourd'hui réduite) construite sur le mur gouttereau nord. L'espace central montant de fond en comble est fermé dans les étages par des cloisons en pan de bois aveugles, les chambres hautes étant ainsi complètement isolées et sans communication visuelle avec lui. Sous la première galerie disparue, était logée une petite cuisine équipée d'un vaisselier et d'un évier en pierre toujours en place, séparée du hall par une claustra en bois également disparue. Un escalier secondaire en vis en hors oeuvre est construit à l'époque moderne, à l'arrière de la maison, pour desservir plus commodément les chambres côté cour. Il semble occuper une partie du volume initial des chambres qui auraient ainsi été réduites. Les latrines étaient adossées à la tour d'escalier dans un appentis dont il subsiste deux murs.
Datation : 1ère moitié 15e siècle, 1ère moitié 17e siècle
Matériaux du gros œuvre : bois, pan de bois, schiste, moellon
Couverture : ardoise
Statut juridique : propriété d'une personne privée
Plan : IGN · cartes.gouv.fr
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