Hôtel dit « Maison de Jean V », 22 rue Colvestre
22 Rue Colvestre, 22220 Tréguier
Créée par Homemories le 4 octobre 2026
HistoriqueBretagne
Lieu étudié par l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne (inventaire topographique Inventaire du patrimoine de Lannion-Trégor Communauté).
Située au 22 rue Colvestre, la "Maison dite du duc Jean V" est datable du début du 15e siècle par analyse stylistique : elle peut être logiquement considérée comme la maison la plus ancienne de la ville de Tréguier. Elle a été étudiée dans les années 1990 par Daniel Leloup qui en a réalisé des relevés puis par Nicole Chouteau à travers les archives. Son origine reste cependant mal connue : s’agit-il d’une maison canoniale, prébendale, voire d’une résidence ducale ?Si une analyse dendrochronologique pourrait venir confirmer la datation proposée, elle ne nous indiquera malheureusement pas si cette maison fut réellement celle du duc Jean V (selon Nicole Chouteau, cette appellation est postérieure à l’Ancien Régime). En tout état de cause, ce luxueux hôtel urbain témoigne du rang important de son commanditaire. Il a été inscrit au titre des Monuments historiques en 1926.
Source : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne, dossier IA22132868 (patrimoine.bzh), sous Licence Ouverte.
Dossier de l'Inventaire du patrimoine culturel de BretagneArchives2017
Dossier de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne
Archives · 2017Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne, dossier IA22132868
Côté rue, cette demeure se distingue par son appareillage en pierre de taille de granite gris et ses ouvertures gothiques finement moulurées (au rez-de-chaussée : arcades ou baies à mouchettes flamboyantes ; au premier étage : deux fenêtres à meneaux et traverses dont il subsiste encore des traces). Les arcades en arc brisé ne pouvaient être fermées que par des volets intérieurs. Au-dessus de la porte en arc brisé se trouve une niche destinée à recevoir les armoiries. A l’origine, cette maison disposait, côté rue, au deuxième étage, d’un niveau en pan de bois faisant galerie en encorbellement sur la rue dont les aisseliers reposaient sur les douze culots qui rythment la corniche en granite. Une reconstitution du bâtiment avec ses dispositions originelles en a été proposée par Daniel Leloup. Ce niveau en pan de bois a ensuite été remplacé par une maçonnerie de moellon : ce changement de parti a également entrainé une modification du plan de la couverture. La maison se distingue par un plan tripartite : au rez-de-chaussée, sur la rue, une pièce de service (?), côté cour et jardin, l’office et la cuisine, au centre, la cage d’escalier donnant accès sur le cellier et via un couloir à la cour. L’escalier en vis (principalement en granite mais quelques marches sont en bois) – d’un diamètre de 3,15 mètres – dessert les deux étages de l’habitation. L’espace central comporte cinq niveaux dont deux en entresol : cellier, salle de garde (?), roberie, rangement (?) et chapelle. Au premier étage, dans la pièce côté jardin subsiste une cheminée intégrée dans le mur et un potager aménagé face à la fenêtre ouest.Le deuxième étage abrite l’élément le plus remarquable de cette demeure : une chapelle privée dotée d’une niche-crédence (pour les burettes et autres objets nécessaires au culte) et deux hagioscopes donnant l’un, côté rue, dans une salle haute sous charpente autrefois dotée d’une galerie en encorbellement, l’autre, dans une chambre - située côté jardin, disposition unique en Bretagne dans une maison urbaine. De part et d’autre de la baie à vitrail (malheureusement disparu) se trouve une console sculptée pour une statue. Du grec "saint" et "voir", littéralement "voir le saint", l’hagioscope permettait de suivre la célébration avec une vue directe sur l’autel. Les chapelles les plus connues sont celles des châteaux de La Roche-Jagu, Tonquédec et Suscinio. Par souci de confort et d’intimité, il se peut que les espaces aient été divisés à l’origine par des cloisons. On imagine très bien dans cet espace un banc avec accoudoir...La tour d’escalier était primitivement surmontée d’une pièce haute (et d’un pigeonnier selon les archives) accessible par une tourelle d’escalier secondaire dont subsistent quelques traces ténues. L’étage actuel de comble conserve les vestiges d’une charpente armoricaine avec une ferme en place ayant conservée son hourdi (remplissage) de terre. A l’origine, cette charpente lambrissée délimitait un seul et même grand volume avec la grande pièce du deuxième étage située côté rue.
Datation : 1er quart 15e siècle
Datation secondaire : 4e quart 16e siècle, 17e siècle, 4e quart 2e siècle
Matériaux du gros œuvre : granite, pierre de taille, granite, moellon, bois, pan de bois
Couverture : ardoise
Statut juridique : propriété d'une personne privée
Plan : IGN · cartes.gouv.fr
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