Les bâtiments de l'internat de 1958, du Lycée Auguste Brizeux, 6 rue Bourg-les-Bourgs
6 Rue Bourg les Bourgs, 29000 Quimper
Créée par Homemories le 4 octobre 2026
HistoriqueBretagne
Lieu étudié par l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne (enquête thématique régionale Inventaire du patrimoine des lycées de Bretagne).
L'internat du lycée auguste Brizeux de Quimper, établissement alors destiné aux seules "jeunes filles", a été programmé pour faire face à l'afflux d'élèves après la Seconde Guerre mondiale. A la demande de la Ville de Quimper, l’État décide d'assumer en totalité la charge de cette construction. Il désigne Raymond Lopez (1904-1966), architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, pour la réaliser. Ce dernier organise son plan-masse en répartissant les fonctions dans trois bâtiments distincts mais groupés sur un plateau, à l'ouest de la parcelle du lycée. L'internat est ainsi séparé de l'externat par un espace boisé en forte pente.Raymond Lopez est autorisé à construire un ensemble de bâtiments à proprement parler "hors-norme", qui fait aujourd'hui encore figure d'exception parmi les édifices scolaires industrialisés des Trente glorieuses.Publié dans des revues spécialisées, vanté par la presse locale qui le décrit comme un internat "des plus confortables et des plus modernes de France", il entre en service en 1958.Sa décoration au titre du 1% artistique, le bas-relief monumental Armor de Pierre Toulhoat (1923-2014), a été déposée en juillet 2024. Elle est en cours de restauration (2025). Elle sera réimplantée dans l'externat, près du CDI, car la restructuration des foyers de l'internat ne permettra pas sa réinstallation sur place.
Source : Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne, dossier IA29133761 (patrimoine.bzh), sous Licence Ouverte.
Dossier de l'Inventaire du patrimoine culturel de BretagneArchives2019
Dossier de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne
Archives · 2019Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne, dossier IA29133761
Le nouvel internat est implanté sur une partie des terrains (3,5 ha) de la congrégation du Sacré-Cœur, expropriée au début du 20e siècle. Il prend place sur un plateau qui surplombe, à l'ouest, les bâtiments du 19e siècle dans lesquels s'implante le lycée, en 1908. Il en est séparé par un bosquet en forte pente, composé de grands arbres. La partie la plus occidentale du parc de la congrégation a été conservée par la Ville afin d'y implanter des habitations bon marché (HBM).Les contraintes du terrain (surface, forte dénivellation) sont un des arguments retenus par le Conseil Général des Bâtiments de France pour donner son aval, le 20 mars 1952, à un projet hors norme donnant naissance à un ensemble d'exception au sein de la production industrialisée de l'époque.Le programme, prévu initialement pour 450 internes, prévoyait "30 dortoirs de 30 lits pour les petites ; 12 dortoirs de 30 lits pour les grandes ; 10 salles d'étude de 90 m2 chacune ; 7 foyers de 90 m2 ; une infirmerie, des services d'économat et des services administratifs". Il a nécessité la construction d'une station d'épuration. L'architecte répartit ces fonctions au sein de trois bâtiments distincts, de volumes très différents.Le plus grand d'entre eux (D), une barre de sept étages et 100 mètres de longueur est un volume atypique au regard des normes édictées par le ministère. Celles-ci imposent généralement la construction de barres de trois à quatre niveaux – rarement cinq. Ce bâtiment, en plus des dortoirs, les sept foyers en rez-de-chaussée, à l'origine grands ouverts sur le parvis, grâce à des fenêtres à guillotine de 4,5 X 4,5 m, ainsi que les réfectoires, largement vitrés, dont l'encorbellement est un élément fort de la composition de la façade. Les cuisines, situées à l'arrière du bâtiment, ont été démolies lors de la création d'un nouveau service de restauration (E). Le second internat (B), était relié au précédent par une passerelle (aujourd'hui démolie). Cette liaison aérienne permettait aux "petites" internes d'accéder directement au restaurant. Ce bâtiment accueille également l'infirmerie. Ses proportions sont plus modestes (R+5 ; une trentaine de mètres de longueur). Il est desservi par un monumental escalier hors-œuvre, largement vitré, de forme trapézoïdale.Le bâtiment d'externat (C) se compose de 5 modules de classes et d'études superposées, se limite à un étage sur rez-de-chaussée. Les modules, de plan carré, disposés en dents de scie sont donc juxtaposés, légèrement décalés, mais desservis par un unique couloir latéral positionné le long de la façade arrière.Raymond Lopez a pu déroger à la trame de 1,75 m, en vigueur partout ailleurs, et imposer une trame de 1,50 m environ. Les deux ascenseurs de trente places, les matériaux utilisés, par exemple les grandes baies vitrées, les modules fenêtres - allèges en aluminium (éléments de type Jean Prouvé, mais adjugés à la société parisienne Aluminex Chamerel, avec laquelle Raymond Lopez travaille également pour la "Tour Lopez", construite de 1953 à 1959), les fenêtres à jalousies, etc. devaient engendrer, en outre, un coût supérieur à la normale. Le Conseil général des Bâtiments de France, dut ainsi justifier son avis favorable du 20 mars 1952 : "(...) les surfaces bâties (...) ont été ramenées de 16 104 m2 dans la première étude à 10 340 m2 (...) cette réduction permettra une réduction importante de la dépense qui avait été trouvée au départ trop élevée". Et encore : "(...) la prévision d'un immeuble de sept étages pour le bâtiment d'aplomb sur rez-de-chaussée qui nécessitera l'installation d'ascenseurs est admise à titre exceptionnel par le service affectataire en raison de l'importance des effectifs à prévoir par rapport à la surface du terrain malgré les sujétions d'ordre mécanique qu'entraîne le choix d'une telle solution". Ces dérogations ont permis la construction d'un ensemble unique en Bretagne et probablement rare à l'échelle nationale. Le 22 janvier 1952, le journaliste du Télégramme, R. Gilson, est tellement séduit qu'il titre – un peu longuement : "Le nouvel internat du lycée de jeunes filles de Quimper sera, dans 3 ans, l'un des plus modernes et des plus confortables de France". Dans la généreuse interview qui suit, Raymond Lopez peut présenter en détail un projet singulier, qui lui a permis, dans un cadre habituellement si normé, de reprendre les grandes orientations des principes d'architecture qu'il développe à la même époque (1953-1959), lors de la construction de la tour de la CAF à Paris (15e), dite tour Lopez, inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, en 1998, puis déclassée par un jugement du Conseil d’État, en 2002.Il défend une orientation sud-ouest nord-ouest des bâtiments qui favorise l’ensoleillement et protège des vents dominants, il valorise le choix, rare pour l'époque, de conserver la plus grande partie des "grands ormes bretons" qui couvrent le tiers de la surface, il précise que depuis les fenêtres, "la vue s'étendra sur la tr
Plan : IGN · cartes.gouv.fr
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